Et le soleil envahit ma chambre
Je me réveille, comme je me suis endormie, avec Colette. Colette dont l'écriture est si douce, si fine, si choisie. L'héroine est un peu niaise mais on lui pardonne car elle a un gout de la vie qui remplit le coeur.
Pendant que son vieux mari est en convalescence, elle fuit Paris pour apaiser sa jalousie et va à la campagne chez une de ses amies. Amie apparemment morne, avec une triste queue de cheval noire, mais qui s'avère être une grosse chaudasse et qui lui raconte, non sans une petite gêne, ses histoires de cul les plus débridées mode début du siècle.
L'héroine est alors partagée entre l'effroi pour son amie, la fierté et l'orgueil de connaitre, elle, "l'amour le vrai", et la fascination pour les aventures de son amie, jusqu'à ce que son beau-fils (aka Apollon) viennent la rejoindre à la campagne...
C'est le pitch de la Retraite Sentimentale. J'aime ces livres qui vont lentement. Ou chaque chapitre ne se finit pas sur un gros cliffhanger. Où l'histoire a le temps de s'installer, les mots ont le temps de prendre leur sens et leur place. Jusqu'à ce que le lecteur s'ouvre pour etre remué de l'intérieur par les personnages.

Colette, c'était une sacrée nénette. Elle s'est d'abord marié avec un bouquin qui lui piquait ses bouquins et les signait de son nom. Puis elle a divorcé, elle a batifolé avec filles et garcons, a fait quelques années de theatre/music-hall/pantomime (c'est la période gros libertinage). Elle finit par se remettre à écrire, connaitre le succès, la gloire, avoir des amis riches et brillants (Maurice Ravel, Cocteau...).
Finalement, c'est la seule femme à avoir jamais eu des funérailles nationales.
J'suis jalouse !
Libellés : amour, Colette, littérature, retraite sentimentale


